Cameroun: Terre de liberté religieuse

Par Yasmine Lacroix le 26 juin 2018

A l’heure où les tensions religieuses se développent dans le monde, où les communautés de fidèles semblent se lever les une contre les autres selon leurs croyances, certains pays démontrent quotidiennement que la diversité de religions n’est pas forcément synonyme de conflit.

Le Cameroun, de part son histoire, sa politique, et l’intelligence de son peuple, en est l’exemple parfait, en appliquant une vraie liberté religieuse. La religion est un élément important de la vie des Camerounais, à la fois socle de la famille, des valeurs et des traditions. Elle prend différentes formes, selon les régions du pays, chrétiennes, musulmans, animistes aussi,

 

La Constitution du Cameroun de 1996 est le garant de cette liberté. Elle se fonde essentiellement sur les principes de laïcité. En effet, le Cameroun ne reconnaît aucune religion officielle, ce qui pose l’état comme un garant de la neutralité religieuse du pays.

 

Le préambule du texte constitutionnel rappelle ainsi que le peuple camerounais Proclame que l’être humain, sans distinction de race, de religion, de sexe, de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés., et il est précisé par la suite “l’Etat est laïc. La neutralité et l’indépendance de l’Etat vis-à-vis de toutes les religions sont garanties ; la liberté du culte et le libre exercice de sa pratique sont garantis.”

Il ne s’agit pas d’une déclaration de principe, mais la Constitution reflète une réalité, une conscience profondément ancrée dans l’esprit camerounais que la liberté religieuse s’accompagne d’une tolérance vis-à-vis de son compatriote d’une autre foi. Si les manifestations de la foi peuvent aussi être publiques, le fait d’être Camerounais prime, et cette identité implique la liberté religieuse de tous, et l’acceptation des différentes croyances.

 

Un parfait exemple du grand niveau de liberté religieuse du pays provient de l’organisme internationale AED (Aide à l’Eglise en Détresse), qui dans son classement estime que le Cameroun ne possède qu’une faible intolérance religieuse.

 

Ainsi les fêtes religieuses des deux grandes religions du pays que sont le christianisme et l’Islam sont des jours fériés officiels et reconnus. Ceux-ci incluent les fêtes chrétiennes du vendredi saint, du jour de l’Ascension, de l’Assomption et Noël, et les jours saints musulmans de l’Aïd al-Adha, de l’Aïd al-Fitr, la fin du ramadan et la naissance du prophète de l’Islam.

 

Cette liberté se ressent quotidiennement dans la vie du Cameroun, et sa démographie en est l’illustration. Une large part de la population du pays est chrétienne, représentant près de 70% de la population, avec une répartition entre catholiques (35 à 40%) et protestants (25 à 30%). Se rajoute environ 20% de musulmans, et le reste de la population étant animiste ou sans affiliation particulière.

 

Autre phénomène illustrant cette liberté religieuse, la présence de minorité tel que les Bahaïs, qui représenteraient environ 40 000 personnes. Cette religion syncrétique venue du Moyen-Orient se serait développé au Cameroun à partir des années 50-60.

Plus intéressant encore, on note aussi la présence du petite communauté juive, parfois issue de Camerounais ayant décidé d’adopter la religion mosaïque en se convertissant.

 

On constate que le Cameroun fait figure de véritable exemple en matière de liberté religieuse, dont la condition nécessaire est l’esprit d’ouverture et de tolérance, ainsi que de la sagesse du peuple camerounais.

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