Des candidats à l’élection présidentielle camerounaise menacent de déstabiliser les résultats

Par Yasmine Lacroix le 7 octobre 2018

Alors que la campagne électorale touche à sa fin et que le scrutin se déroulera le 7 octobre, des risques de déstabilisation émergent. Des candidats et leurs soutiens pourraient s’attribuer la victoire à l’élection présidentielle le soir même du vote. Ce type d’annonce, dont le but est de clairement mettre à mal le processus démocratique, est strictement interdit par le code électoral camerounais, et des sanctions pourraient être prises.

L’élection présidentielle camerounaise de 2018 a été marquée par un regain d’enthousiasme de la part des citoyens pour ce scrutin. Depuis 1992, on avait rarement vu un tel engouement. Paul Biya reste le grand favori des élections, mais l’émergence de certains candidats a permis de relancer l’intérêt pour l’enjeu de cette élection. ELECAM, qui s’occupe au Cameroun de gérer l’élection en s’assurant de la transparence et de l’efficacité du scrutin, se chargera du bon déroulement du vote. Ainsi les urnes sont inspectées avant le début du vote afin de vérifier qu’elles sont vides. Après le vote, le décompte des bulletins se fait en présence de chacun des citoyens souhaitant y assister, peu importe le bord politique. Il s’agit d’un droit constitutionnel qui ne peut en aucun cas être refusé aux Camerounais. Les citoyens ne sont pas les seuls à vérifier ces étapes, car ces opérations se font également sous la supervision du chef de la section du conseil d’ELECAM et des membres de la commission électorale rattachés au bureau de vote de la commune. Une fois le dépouillement effectué, les données de tous les bureaux sont annoncées et transmises au siège électoral d’ELECAM.

Ce processus est également fait sous le regard des observateurs de l’Union Africaine qui sont présent au Cameroun depuis un mois, et vérifieront également la proclamation des résultats. Pourtant, malgré ces précautions, il existe encore un risque qu’il est bien plus difficile à contrôler. Certains soutiens de candidats, si ce ne sont ces candidats eux-mêmes, menacent de proclamer leur victoire le soir du 7 octobre, afin de court-circuiter le processus démocratique. Cependant ces annonce anticipées sont parfaitement illégales selon le code électoral du Cameroun, car le seul responsable pouvant proclamer les résultats du vote reste le président du conseil constitutionnel, qui les annoncera entre le 15 et le 22 octobre prochain. Contrevenir à cette règle est tout simplement illégal, ainsi que donner une simple tendance le jour du vote. Le but est d’empêcher d’influencer négativement les votes le jour des élections.

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