Le surpoids dans les entreprises

Par Sophie Faubers le 16 mai 2018

Surpoids et entreprise

La forme physique d’un individu est l’une des composantes majeures de la bonne intégration d’un individu dans une sphère professionnelle. C’est dire que la dégradation du niveau général de santé de l’individu du fait de son poids n’est pas la seule conséquence fâcheuse de sa mauvaise forme. Il est de notoriété publique que plus grande est la surcharge pondérale d’une personne en surpoids, plus dure sera la vie sociale qu’elle développera avec le reste du monde. Au-delà de la stigmatisation à laquelle ce type de personnes devront faire face, elles devront parfois renoncer à certaines activités ou positions professionnelles du fait de leur poids. De récentes études attestent en effet de ce que l’obésité ou une surcharge pondérale de moindre ampleur avaient de biens lourdes conséquences sur la vie professionnelle du sujet en surpoids.

Le surpoids, cette nouvelle épidémie

Selon une estimation de l’OMS, le surpoids concernerait 1,4 milliard de personnes âgées de 20 ans au moins. Ce chiffre devrait passer à 3,3 milliards à l’horizon 2030. Une étude française, réalisée en 2016, et portant sur 29 000 individus de 30 à 69 ans, a révélé des chiffres tout aussi alarmants pour l’Hexagone. De cette étude, il ressort en effet qu’un homme sur deux, et une femme sur trois sont en situation de surpoids en France.
Même si ce chiffre semble s’être stabilisé ces dernières années, il n’en demeure pas moins qu’une importante partie de la population est touchée par ce fléau. Pour de nombreux spécialistes, ces chiffres témoignent du fait que le surpoids et l’obésité par extension, restent des problèmes de santé majeur en France et dans le monde.

Mais comme mentionnée plus haut, les conséquences de l’obésité ne sont pas que sanitaires. Ce fléau a une incidence économique non négligeable. En 2014, le McKinsey Global Institute a évalué cet impact à environ 2000 milliards de dollars US à l’échelle planétaire, soit environ 2,8 % du PIB mondial. En France, l’incidence financière est évaluée à 54 milliards d’euros. Au final, le surpoids et l’obésité posent un véritable problème de productivité étant donné la surmortalité des travailleurs.

Un frein à la productivité

Les proportions vertigineuses de cette nouvelle épidémie du surpoids nous enjoignent à nous pencher sur la question. En dehors de l’État, les entreprises aussi gagneraient gros à s’investir sur le chantier. Aux États-Unis par exemple, une entreprise sur trois finance des programmes minceur pour les employés en situation de surpoids ou d’obésité. Certaines grosses pointures telles que Google disposent même de salles de gym, toutes équipées pour leurs employés ainsi qu’un menu minceur réalisé par des nutritionnistes. Si les causes de l’obésité sont très diverses, il faut aussi savoir que le travail en entreprise est aussi de nature à favoriser une prise de poids.

Étant physiquement inactifs la plupart du temps, les travailleurs n’ont ni le temps ni l’opportunité de brûler des calories. Conscient du problème et de ses implications sur la productivité des travailleurs, certaines entreprises n’hésitent même pas à organiser des pauses sport ou autres initiatives du genre. Ce dispositif permettrait aux entreprises d’économiser environ 9 % en dépenses de soins de santé et d’éviter une perte de productivité liée aux absences répétées des travailleurs en surpoids. Les personnes en surpoids seraient susceptibles de développer des troubles du sommeil qui finiront par provoquer une perte productivité de l’entreprise. En effet, de par leur “présentéisme”, des études évaluent à près de 150 000 euros par an le manque à gagner pour une entreprise anglaise de plus de 1000 personnes.

En France, le sujet peine encore à être abordé. Même si quelques initiatives louables sont à signaler, plusieurs entreprises considèrent encore que le poids du travailleur relève de sa vie privée. Pour beaucoup de dirigeants, il serait donc indélicat d’inclure un sujet aussi sensible dans une politique administrative.

Et pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’institut IMS Health pour Chèque santé, les gains de production pour l’entreprise seraient de l’ordre de 5 % pour 296 euros investis dans un programme de prévention individuel.

Surpoids

Le surpoids : un vecteur de chômage

Au-delà des éventuelles pertes que l’obésité pourrait occasionner aux entreprises, c’est un véritable drame professionnel que vivent les personnes en surpoids. Avoir quelques kilos en trop peut se révéler être un obstacle de taille sur le marché de l’emploi. En effet, outres les problèmes de santé, à compétences égales, les entreprises préfèreront embaucher une personne plus mince. Cette discrimination est particulièrement prononcée pour des emplois d’accueil, de réception et autres postes accordant une importance particulière au physique de l’employé. À tort ou à raison, les recruteurs accordent une grande importance à la plastique du candidat. Les personnes en situation de surpoids sont donc préférées pour des postes moins exposés.
Entre autres raisons avancées en justification de ce clivage, les personnes en surpoids ou obèses seraient plus fragiles, et avec une personnalité moins affirmée.

La même discrimination se traduit également au niveau de la fiche de paie. Aux États-Unis par exemple, à travail égal, une femme qui a 30 kg de plus qu’une autre, gagnerait 9 % de salaire en moins. Il faut nuancer toutefois cette tendance puisque de nombreuses personnes en surpoids perdent de leur surcharge pondérale du fait du stress et de la pression. L’emploie constituerait donc une porte de sortie pour ces individus.

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