SARL ou SAS : quel statut choisir ?

Par Alban Maregot le 19 novembre 2021
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En France, il existe un grand nombre de statuts juridiques différents pour les entreprises. De l’autoentreprise, désormais appelée plutôt microentreprise, à l’EURL, en passant par la SARL ou la SAS, chaque statut présente des avantages et des inconvénients. Pour le profane, il est parfois difficile de mesurer et de quantifier les atouts des différentes solutions qui s’offrent à lui. Dans cet article, nous vous donnons des pistes de réflexion concernant plus particulièrement deux statuts précis. Alors, SAS ou SARL, comment choisir ? Réponses ici !

La SARL, un statut protecteur

La SARL, pour Société Anonyme à Responsabilité Limitée, est certainement la forme juridique la plus usitée en France aujourd’hui. Ceci s’explique d’abord par son ancienneté, mais aussi par certaines caractéristiques très protectrices, encore largement appréciées des entrepreneurs. Par exemple, la responsabilité dans une SARL sera toujours limitée aux apports, ce qui permet aux ménages de ne jamais engager leurs biens personnels en cas de difficulté financière par exemple. Un point essentiel pour cloisonner les vies professionnelle et personnelle des entrepreneurs.

Par ailleurs, la SARL est également un statut juridique qui permet de bénéficier du statut de conjoint collaborateur. Pour les couples qui décident de lancer leur activité ensemble, ce statut est donc très intéressant. Mais ce n’est pas tout. En effet, la SARL est aussi connue pour protéger au maximum les entrepreneurs grâce à un encadrement législatif très strict. Pour ceux qui souhaitent donc lancer une activité de long terme, avec des associés connus et en bénéficiant d’un maximum de protection, entre SAS ou SARL, il faudra choisir la seconde solution.

La SAS, la souplesse par excellence

La SAS, pour Société par Actions Simplifiée, est une société commerciale, très appréciée des entrepreneurs d’aujourd’hui. En effet, sa structure souple et adaptative correspond parfaitement aux exigences d’un marché économique devenu de plus en plus mouvant. Elle est notamment choisie pour la grande liberté qu’elle confère au créateur lors de la rédaction des statuts de la société, ce qui assure notamment de pouvoir adapter la structure hiérarchique ou le fonctionnement de l’entreprise en fonction du type d’activité ou des objectifs des gérants par exemple. De manière générale, entre SAS ou SARL, ceux qui choisissent la première solution juridique le font avant tout par désir de conserver leur liberté entrepreneuriale.

Autre avantage intéressant de la SAS, la possibilité de fonder une structure à partir d’un capital social d’un euro seulement. Même si dans les faits on conseille tout de même d’augmenter ce capital pour rendre l’entreprise crédible auprès des investisseurs, cette alternative offerte aux individus manifeste une fois encore la souplesse d’un statut dans l’air du temps. Si la création d’une SARL peut être la solution idéale pour des business classiques, la SAS est elle plutôt destinée à des entrepreneurs dynamiques et portés sur des marchés innovants, comme les technologies numériques, l’intelligence artificielle ou la livraison de produits à domicile par exemple.

Les démarches de création pour les deux statuts

De manière générale, que vous choisissiez SAS ou SARL, les démarches réglementaires de base à accomplir pour créer votre structure sont les mêmes. Il faudra notamment constituer un capital social et le déposer à la banque, définir le siège social de la société, publier un avis dans un journal d’annonces légales dûment assermenté, puis déposer une demande d’immatriculation auprès du greffe du Tribunal de Commerce dont vous dépendez. Le nombre des démarches administratives n’est donc pas vraiment un critère discriminant pour vous aider à choisir entre les deux statuts.

De même, les coûts de création de l’entreprise sont plus ou moins équivalents. Sachez tout de même que la rédaction des statuts notamment pourra ne rien vous coûter si vous la prenez vous-même en charge, mais qu’il est impératif, notamment pour une SARL dont les règles en la matière sont plus précises, de respecter les obligations du statut. On recommande donc de se faire accompagner par un expert juridique, dont les compétences sont équivalentes à celles d’un notaire, mais dont les honoraires sont de 10 à 20 fois moins élevés !

expert juridique

Choisir son statut en fonction de ses besoins de gestion

Choisir entre SAS ou SARL implique donc plutôt de définir avec précision ses besoins. Et notamment ses besoins de gestion. Rappelons d’abord que, par nature, la SAS est beaucoup plus souple que la SARL. Cette dernière est en effet contrainte par de nombreuses règles législatives incontournables qui permettent de sécuriser les associés, mais qui limitent fortement le développement et l’adaptabilité de la structure. C’est pourquoi la SARL est souvent considérée comme un statut juridique un peu dépassé, bien qu’il soit encore d’actualité pour de nombreuses entreprises de type familial.

La rédaction très libre des statuts de la SAS permet elle de mieux ajuster les possibilités d’évolution de la structure aux enjeux de secteurs dynamiques. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si la majorité des start-ups choisissent ce statut pour se développer rapidement. La gouvernance, la répartition des tâches ou encore les possibilités en matière de participation financière deviennent ainsi des aspects de l’entreprise qui portent sa croissance plutôt que de la freiner. Permettant par là de surfer facilement sur les nouvelles tendances et de s’ajuster aux exigences d’un monde qui change très vite.

La SAS, un statut juridique bénéfique à votre image de marque ?

Si la SAS présente de nombreux avantages techniques et fonctionnels, il est tout aussi important de comprendre que ce statut en vogue peut également apporter du crédit à votre entreprise. En effet, les entrepreneurs comme les investisseurs sont avant tout des hommes et des femmes qui réagissent instinctivement. Or, il est indéniable que le fait que les sociétés innovantes aient toutes choisi le statut de la SAS lui confère une forme d’aura particulière, dont votre propre entreprise pourra tirer parti si vous optez pour ce statut.

Par ailleurs, il faut aussi comprendre que la SAS est un statut parfait pour faire entrer des investisseurs au capital de la société. En effet, il n’existe pas d’obligations réglementaires en matière de cessions d’actions, de clauses d’agrément entre associés pour la cession de titres ou encore la mise en place d’un pacte d’associé confidentiel. En outre, le coût de cession des actions est bien plus avantageux, car les droits d’enregistrement sont réduits. Mais malgré l’attractivité du statut, entre SAS ou SARL il vous faudra d’abord choisir en fonction de votre situation personnelle.

SAS ou SARL, comment choisir ?

Si vous ne savez que choisir entre SAS ou SARL, attachez-vous à définir avec précision les caractéristiques de votre activité. La première question que vous devez vous poser relève de vos objectifs. Si votre priorité est de développer tranquillement votre activité, à l’aide d’associés proches et connus, avec lesquels vous souhaitez travailler sur le long terme, il est préférable de s’orienter vers le modèle de la SARL. Et ceci est encore plus vrai si vous envisagez de travailler avec votre conjoint et que le statut de conjoint collaborateur est intéressant pour vous.

Bien sûr, pour vérifier cette assertion, il est vivement recommandé de faire appel à un expert juridique dans l’accompagnement des entreprises. C’est en effet l’interlocuteur idéal pour prendre en compte les objectifs d’un individu et le guider vers le meilleur choix. Si celui-ci veut par exemple se développer rapidement, dans un secteur innovant, porté sur la coopération internationale et qui demandera des investissements rapides, alors c’est vers la SAS qu’il faudra se tourner et les compétences d’un expert pour rédiger les statuts les plus ajustés aux objectifs poursuivis par la structure.

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