La vie sur une péniche : Rêve ou galère ?

Par Sandrine Perfenteau le 21 janvier 2016
vie sur une péniche Amsterdam

Bateau-hôtel, résidence principale aquatique, musée à ciel ouvert, hôpital flottant, les bateaux logements émergent peu à peu et font office de réelle habitation depuis quelques années. Une vie sur l’eau de plus en plus prisée par les « terriens » en quête de calme et d’authenticité dans un cadre plus naturel. Si cette vie bohème séduit, qu’en est-il réellement ?


Vie de rêve

Partout dans le monde des péniches transformées en maison peuplent les rives. Opter pour un tel habitat relève d’abord d’un choix de vie, une vie différente au milieu des oies, des cygnes, des canards. Une sensation de liberté à proximité d’un bois, d’une prairie. Par ailleurs, au delà de ce contact avec la nature, la résidence en péniche est plus sécuritaire pour les enfants qui peuvent jouer sur les berges loin des automobilistes.

Sur le plan financier, si le coût d’un bateau n’est pas à la portée de tous les portefeuilles, une péniche de 200m² avec vue sur fleuve représente un budget moins important qu’un logement ayant la même surface. Lors des départs en vacances, quoi de plus simple que d’enlever deux amarres et de retirer une prise ? Et voilà le logement transformé en mobile home aquatique.

Le revers de la médaille

Néanmoins, vivre sur un bateau implique un certains nombre d’obligations. Si de fortes intempéries peuvent être à l’origine de divers dégâts sur tout type de construction, une péniche est encore plus vulnérable face à une météo défavorable (notamment à cause des crues hivernales). Le bateau peut en outre poser des problèmes d’humidité et de froid s’il n’est pas bien isolé. Mais une des obligations les plus contraignantes consiste à faire inspecter sa coque chaque décennie.

Coût du contrôle technique : quelques 5000 euros, une bagatelle peut-être pour certains mais un sacrifice pour d’autres. Pour finir, avant de s’installer dans un navire, encore faut-il qu’il soit habitable. Ce qui demande du temps et coûte de l’argent (à titre indicatif pour un bateau de 300 m², il faut compter environ 8 mois et 400 000 euros de travaux). Le magazine web Capital a d’ailleurs fait un article sur le sujet : http://www.capital.fr/immobilier/actualites/vivre-sur-une-peniche-un-reve-couteux-705687

Une résidence, pas si autonome

En France, les logements sur péniche sont soumis à une autorisation dispensée par l’organisme gestionnaire du domaine public fluvial ou VNF (Voie Navigable de France) pour s’amarrer et sans cet accord, les « pénichards » risquent une amende de 150 euros par jour. Un droit de stationnement à renouveler chaque cinq ans.

D’autre part, tout propriétaire doit payer une redevance au titre de la C.O.T (convention d’occupation temporaire). Chaque année, il faut, en outre, s’acquitter de la taxe d’habitation ( pour assurer une Freycinet de 38 mètres, comptez environ 1000 euros l’année) et de la taxe foncière. Un propriétaire devra aussi penser à régler les problèmes de raccordement (électricité, téléphone, eau…).

Pollution, villes encombrées, vacarme urbain, crise de logement, toutes les raisons sont bonnes pour s’orienter vers une résidence plus écologique, les pieds dans l’eau le long d’un fleuve. Un art de vivre qui a aussi ses contraintes.

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